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Axe 3 : Genre et développement

Le genre comme outil d’analyse du changement social, des relations de pouvoirs et des inégalités (sociales, ethnico-raciales, générationnelles et entre hommes et femmes) est apparu dans les problématiques de développement au cours des années 1970.
La problématique de la mondialisation, plus ancienne dans le champ intellectuel, est à entendre ici au sens large de « développement et division internationale du travail » (Falquet, Hirata, Lautier, 2006). Notion popularisée dans la décennie 1980, dans le champ académique, elle renvoie aujourd’hui aux processus de travail et d’emploi, de migrations nationales et internationales et des flux de marchandises et de personnes. Elle est de ce fait en prise directe  avec les questions de développement.

Il a fallu attendre la Décennie des femmes (1975-1985) promue par l’ONU pour comprendre l’importance à mesurer l’apport du concept de rapports sociaux de sexe (rebaptisé dans la décennie 1990, plus communément, « genre » ou « rapports de genre ») et envisager de prendre en compte ce paradigme dans la mise en œuvre des politiques d’aide, jusque-là lancées sur le mode « neutre ». Autrement dit, il a fallu du temps (une trentaine d’années) pour « dé-neutraliser » les politiques d’aide et les rendre plus efficaces ou moins nocives aux populations. Auparavant et paradoxalement, ces politiques neutralisaient les rapports inégalitaires qu’elles entendaient résorber.
Avec la Conférence mondiale des femmes de Beijing, en 1995, le genre a gagné à la fois le champ de la recherche action (près de 25 ans après les premières recherches académiques sur la question et les premiers travaux d’Esther Boserup) puis toutes les politiques internationales. Cette préconisation a gagné les mots du développement et des politiques, avec des expressions comme gender mainstreaming (intégration des rapports et différences inégalitaires entre les hommes et les femmes aux politiques d’aide), empowerment (prise en main de leur destin par les acteurs – les actrices et destinataires de l’aide – dans le contexte préparé par les thèses d’Amartya Sen, etc.).
Aujourd’hui, même au nom de l’universalisme et de l’égalitarisme, il est improbable de rencontrer dans un projet de développement l’absence totale de prise en compte du genre, que ce soit dans les questions d’éducation, de travail, de santé, de risque alimentaire, de crises en général et de changement climatique et autres catastrophes naturelles.
Les spécialistes du genre hésitent à  se féliciter de ce qu’une problématique longtemps invisible et silencieuse soit ainsi systématiquement promue, ou au contraire à déplorer que ce systématisme vide de son sens l’intérêt de l’analyse genrée, en occultant les processus sociaux qui sous-tendent ou renforcent les inégalités de genre (Verschuur, Guérin, Guétat-Bernard, 2015 ).

La création d’un pôle transversal Genre et développement permettra une visibilité nationale et internationale de notre UMR, et une attractivité. En dehors des phénomènes de mode, elle s’inscrira au contraire dans une politique de recherche au long cours, et vise à consolider les collaborations pérennes depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies, avec les réseaux intéressés par ces questions.

 

Responsable : Tania Angeloff

 

Chercheurs et enseignants chercheurs : Tania Angeloff (professeure de sociologie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne IEDES) ; Elisabeth Cudeville (maître de conférences en économie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) ; Isabel Georges (chargée de recherche en sociologie, IRD) ; Gaëlle Gillot (maître de conférences en géographie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne IEDES) ; Charlotte Guénard (maître de conférences en économie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne IEDES).

Chercheurs associés : Natacha Borgeaud-Garcianda (chercheure en sociologie, CONICET-FLASCO, Argentine) ; Marco Ceballos (enseignant-chercheur en sociologie, Universidad Andrés Bello, Chili) ; Pablo Jaramillo (enseignant-chercheur en anthropologie, Universidad de los Andes, Colombie).